5p7d.md (1444B)
1 Ce qui nous fait considérer une chose comme absente, ce n'est point l'impression 2 dont nous affecte son image, c'est une autre impression que reçoit le corps, et 3 qui exclut l'existence de cette chose (par la Propos. 17, part. 2). Ainsi donc, 4 l'affection qui se rapporte à un objet que nous considérons comme absent n'est 5 point de nature à surpasser les autres actions et la puissance de l'homme (voyez 6 sur ce point la Propos. 6, part. 4); elle est de nature, au contraire, à pouvoir 7 être empêchée en quelque façon par ces affections qui excluent l'existence de sa 8 cause extérieure (par la Propos. 9, part. 4). Or, toute passion qui provient de 9 la raison se rapporte nécessairement aux propriétés communes des choses (voyez 10 la Déf. de la raison dans le Schol. 2 de la propos. 40, part. 2), lesquelles 11 sont toujours considérées comme présentes, rien ne pouvant exclure leur présente 12 existence, et imaginées de la même manière (par la Propos. 38, part. 2). Par 13 conséquent, une telle passion reste toujours la même; et il en résulte (par 14 l'Ax. l, part. 5) que les passions qui lui sont contraires, et ne sont point 15 entretenues par leurs causes extérieures, doivent se mettre de plus en plus 16 d'accord avec cette passion permanente, jusqu'à ce qu'elles cessent de lui être 17 contraires, et il est évident que, sous ce point de vue, les passions qui 18 proviennent de la raison sont plus puissantes que les autres. C. Q. F. D. 19 20