4p8d.md (1235B)
1 Nous appelons bien ou mal ce qui est utile ou contraire à la conservation de 2 notre être (par les Déf. 1 et 2, part. 4); en d'autres termes (par la Propos. 7, 3 part. 3), ce qui augmente ou diminue, empêche ou favorise notre puissance 4 d'agir. Ainsi donc (par les Défin. de la joie et de la tristesse qu'on trouve 5 dans le Schol. de la Propos. 11, part. 3), en tant que nous pensons qu'une 6 certaine chose nous cause de la joie ou de la tristesse, nous l'appelons bonne 7 ou mauvaise; et conséquemment la connaissance du bien et du mal n'est rien autre 8 chose que l'idée de la joie ou de la tristesse, laquelle suit nécessairement 9 (par la Propos. 22, part. 2) de ces deux mêmes passions. Or cet idée est unie à 10 la passion qu'elle représente de la même façon que l'âme est unie au corps (part 11 la Propos. 21, part. 2); en d'autres termes (comme on l'a montré dans le Schol. 12 de cette même Propos.), cette idée ne se distingue véritablement de cette 13 passion, c'est-à-dire (par la Défin. génér. des pass.) de l'idée de l'affection 14 du corps qui lui correspond, que par le seul concept. Donc la connaissance du 15 bien et du mal n'est rien autre chose que la passion elle-même, en tant que nous 16 en avons conscience. C. Q. F. D. 17 18