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1 Ce qu'on appelle vaine gloire, c'est cette espèce de paix intérieure qui n'est 2 entretenue que par l'opinion du vulgaire, de sorte que, cette opinion venant à 3 disparaître, la paix intérieure, en d'autres termes (par le Schol. de la Propos. 4 52, part. 4), le souverain bien que chacun aime, disparaît avec elle. Il suit de 5 là que celui qui se fait gloire de l'opinion du vulgaire fait sans cesse effort 6 et s'épuise en inquiétudes de chaque jour pour conserver sa réputation. Le 7 vulgaire, en effet, est changeant et plein d'inconstance, et toute réputation 8 qui ne se maintient pas périt à l'instant. Or, comme tous les glorieux désirent 9 les applaudissements du vulgaire, il est facile à chacun de diminuer la 10 réputation d'un autre, et de cette rivalité qui les anime pour la possession de 11 ce qu'ils croient le souverain bien, naît un désir si violent de s'abaisser l'un 12 l'autre que le vainqueur dans cette lutte est plus glorieux d'avoir nui à ses 13 rivaux que de s'être servi lui-même. Cette gloire, cette paix intérieure, sont 14 donc choses vaines et n'ont aucun fond réel. Les remarques que je pourrais faire 15 ici sur la honte peuvent se conclure aisément de ce qui a été dit touchant la 16 pitié et le repentir. Je me borne à ajouter que la honte, de même que la 17 commisération, bien qu'elle ne soit pas une vertu, est bonne toutefois, en tant 18 qu'elle marque dans celui qui l'éprouve un désir réel de vivre dans l'honnêteté; 19 et c'est encore ainsi que la douleur est bonne, en tant qu'elle est une preuve 20 que la partie malade n'est point encore 21 22 en putréfaction. Ainsi donc, bien qu'un homme qui a honte de quelque action soit 23 par là même dans la tristesse, il est dans un état de perfection plus grand que 24 l'impudent qui n'a aucun désir de bien vivre. Tels sont les principes que 25 j'avais entrepris d'établir touchant les passions qui dérivent de la joie ou de 26 la tristesse. Quant aux désirs, les uns sont bons, les autres mauvais, suivant 27 qu'ils proviennent de bonnes ou de mauvaises passions. Mais tous ceux qui se 28 forment en nous sous l'influence d'affections passives sont des désirs 29 aveugles.(comme il est aisé de le déduire de ce qui a été dit dans le Schol. de 30 la Propos. 44, part. 4), et ils ne seraient d'aucun usage, si les hommes 31 pouvaient être aisément amenés à vivre sous la conduite de la seule raison. 32 C'est ce que je vais montrer en peu de mots. 33 34