4p4d.md (2223B)
1 La puissance par laquelle les choses particulières, et partant l'homme, 2 conservent leur être, c'est la puissance même de Dieu ou de la nature (par le 3 Coroll. de la Propos. 24, part. 2), non pas en tant qu'infinie, mais en tant 4 qu'elle se peut expliquer par l'essence actuelle de l'homme (en vertu de la 5 Propos. 7, part. 3). Ainsi donc, la puissance de l'homme, en tant qu'on 6 l'explique par son essence actuelle, est une partie de la puissance infinie, 7 c'est-à-dire (par la Propos. 34, part. 1) de l'essence de Dieu ou de la nature. 8 Voilà le premier point. En second lieu, si l'homme ne pouvait souffrir d'autres 9 changements que ceux qui se peuvent concevoir par la nature même de l'homme, il 10 s'ensuivrait (par les Propos. 4 et 6, part. 3) qu'il ne pourrait périr et qu'il 11 devrait exister toujours; et cela devrait résulter d'une cause soit finie, soit 12 infinie, c'est à savoir, ou bien de la seule puissance de l'homme qui serait 13 capable d'écarter de soi tous les changements dont le principe est dans les 14 causes extérieures, ou bien de la puissance infinie de la nature, qui dirigerait 15 de telle façon toutes les choses particulières que l'homme ne pourrait souffrir 16 d'autres changements que ceux qui servent à sa conservation. Or, la première 17 supposition est absurde (par la Propos. précéd., dont la démonstration est 18 universelle et se peut appliquer à toutes les choses particulières); si donc 19 l'homme ne pouvait souffrir d'autres changements que ceux qui se peuvent 20 concevoir par sa seule nature, et s'il était conséquemment nécessaire (comme on 21 vient de le faire voir) qu'il existât toujours, cela devrait résulter de la 22 puissance infinie de Dieu; et par suite (en vertu de la Propos. 16, part. 1), de 23 la nécessité de la nature divine, en tant qu'elle est affectée de l'idée d'un 24 certain homme, devrait se déduire l'ordre de toute la nature, en tant qu'elle 25 est conçue sous les attributs de l'étendue et de la pensée; d'où il s'ensuivrait 26 (par la Propos. 21, part. 2) que l'homme serait infini, ce qui est absurde (par 27 la première partie de cette Démonstration). Il est donc impossible que l'homme 28 n'éprouve d'autres changements que ceux dont il est la cause adéquate. C. Q. F. 29 D. 30 31