ethica

Spinozas ethics and various translations, edited for easy post processing.
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4p4d.md (2223B)


 1 La puissance par laquelle les choses particulières, et partant l'homme,
 2 conservent leur être, c'est la puissance même de Dieu ou de la nature (par le
 3 Coroll. de la Propos. 24, part. 2), non pas en tant qu'infinie, mais en tant
 4 qu'elle se peut expliquer par l'essence actuelle de l'homme (en vertu de la
 5 Propos. 7, part. 3). Ainsi donc, la puissance de l'homme, en tant qu'on
 6 l'explique par son essence actuelle, est une partie de la puissance infinie,
 7 c'est-à-dire (par la Propos. 34, part. 1) de l'essence de Dieu ou de la nature.
 8 Voilà le premier point. En second lieu, si l'homme ne pouvait souffrir d'autres
 9 changements que ceux qui se peuvent concevoir par la nature même de l'homme, il
10 s'ensuivrait (par les Propos. 4 et 6, part. 3) qu'il ne pourrait périr et qu'il
11 devrait exister toujours; et cela devrait résulter d'une cause soit finie, soit
12 infinie, c'est à savoir, ou bien de la seule puissance de l'homme qui serait
13 capable d'écarter de soi tous les changements dont le principe est dans les
14 causes extérieures, ou bien de la puissance infinie de la nature, qui dirigerait
15 de telle façon toutes les choses particulières que l'homme ne pourrait souffrir
16 d'autres changements que ceux qui servent à sa conservation. Or, la première
17 supposition est absurde (par la Propos. précéd., dont la démonstration est
18 universelle et se peut appliquer à toutes les choses particulières); si donc
19 l'homme ne pouvait souffrir d'autres changements que ceux qui se peuvent
20 concevoir par sa seule nature, et s'il était conséquemment nécessaire (comme on
21 vient de le faire voir) qu'il existât toujours, cela devrait résulter de la
22 puissance infinie de Dieu; et par suite (en vertu de la Propos. 16, part. 1), de
23 la nécessité de la nature divine, en tant qu'elle est affectée de l'idée d'un
24 certain homme, devrait se déduire l'ordre de toute la nature, en tant qu'elle
25 est conçue sous les attributs de l'étendue et de la pensée; d'où il s'ensuivrait
26 (par la Propos. 21, part. 2) que l'homme serait infini, ce qui est absurde (par
27 la première partie de cette Démonstration). Il est donc impossible que l'homme
28 n'éprouve d'autres changements que ceux dont il est la cause adéquate. C. Q. F.
29 D.
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