ethica

Spinozas ethics and various translations, edited for easy post processing.
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4p1sc.md (2297B)


 1 Cette proposition se conçoit plus clairement encore par le Coroll. 2 de la
 2 Propos. 16, part. 2. Car une image, c'est une idée qui marque la constitution
 3 présente du corps humain bien plus que la nature des corps extérieurs; et cela,
 4 non pas d'une manière distincte, mais avec confusion. Voilà l'origine de
 5 l'erreur. Lorsque, par exemple, nous regardons le soleil, notre imagination nous
 6 dit qu'il est éloigné de nous de deux cents pieds environ; et cette erreur
 7 persiste en nous tant que nous ignorons la véritable distance de la terre au
 8 soleil. Cette distance connue détruit l'erreur, mais elle ne détruit pas l'image
 9 que se forment nos sens, c'est-à-dire cette idée du soleil qui n'en exprime la
10 nature que relativement à l'affection de notre corps; de telle sorte que tout en
11 connaissant fort bien la vraie distance qui nous sépare du soleil, nous
12 continuons à l'imaginer près de nous. Ce n'est pas, en effet, ainsi que nous
13 l'avons dit dans le Schol. de la Propos. 35, part. 2, parce que nous ignorons la
14 vraie distance où nous sommes du soleil, que nous l'imaginons près de nous;
15 c'est parce que l'âme ne conçoit la grandeur du soleil qu'en tant que le corps
16 en est affecté. Ainsi, quand les rayons du soleil, tombant sur la surface de
17 l'eau, se réfléchissent vers nos yeux, nous nous représentons le soleil comme
18 s'il était dans l'eau, bien que nous sachions le lieu véritable qu'il occupe. Et
19 de même, toutes les autres images qui trompent notre âme, soit qu'elles marquent
20 la constitution naturelle de notre corps, soit qu'elles indiquent l'augmentation
21 ou la diminution de sa puissance d'agir, ne sont jamais contraires à la vérité,
22 et ne S'évanouissent pas à sa présence. Du reste, s'il arrive, quand nous sommes
23 sous l'empire d'une fausse crainte, que des nouvelles vraies que nous recevons
24 la fassent évanouir, il arrive aussi, quand nous redoutons un mal qui doit
25 certainement arriver, que de fausses nouvelles dissipent nos appréhensions. Et,
26 par conséquent, ce n'est pas la présence du vrai, en tant que vrai, qui détruit
27 les impressions de l'imagination; ce sont des impressions plus fortes, qui, de
28 leur nature, excluent l'existence des choses que l'imagination nous
29 représentait, comme nous l'avons montré dans la Propos. 17, part. 2.
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