3p57d.md (1607B)
1 Cette proposition résulte évidemment de l'Axiome 1, qu'on peut voir après le 2 Lemme 3, placé après le Schol. de la Propos. 13, partie 2. Cependant nous la 3 démontrerons à l'aide des définitions des trois passions primitives. Toutes les 4 passions se rapportent au désir, à la joie et à la tristesse; cela résulte des 5 définitions données plus haut. Or, le désir est la nature même ou l'essence de 6 chaque individu (voyez-en la déf. dans le Schol. de la Propos. 9, partie 3). 7 Donc, le désir de chaque individu diffère de celui d'un autre individu autant 8 que diffèrent leurs natures ou leurs essences. De plus, la joie, la tristesse 9 sont des passions par lesquelles la puissance de chaque individu, c'est-à-dire 10 son effort pour persévérer dans son être, est augmentée ou diminuée, favorisée 11 ou empêchée (par la Propos., 11, part, 3 et son Schol.) Or, cet effort pour 12 persévérer dans son être, en tant qu'il se rapporte en même temps à l'âme et au 13 corps, c'est pour nous l'appétit et le désir (par le Schol. de la Propos., 9, 14 partie 3). Donc la tristesse et la joie, c'est le désir même ou l'appétit, en 15 tant qu'il est augmenté ou diminué, favorisé ou empêché par les causes 16 extérieures, ce qui revient à dire (par le même Schol.) que c'est la nature même 17 de chaque individu: d'où il suit que la joie ou la tristesse de chaque individu 18 diffère de celle d'un autre, autant que la nature ou l'essence du premier 19 diffère de celle du second. En conséquence, toute affection d'un individu 20 quelconque diffère de celle d'un autre individu autant que, etc. C. Q. F. D. 21 22