ethica

Spinozas ethics and various translations, edited for easy post processing.
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 1 La joie et la tristesse, et conséquemment toutes les affections qui en sont
 2 composées ou qui en dérivent, sont des affections passives (par le Schol. de la
 3 Propos. 11, partie 3). Or, nous éprouvons nécessairement ce genre d'affection
 4 (par la Propos. 1, partie 3) en tant que nous avons des idées inadéquates; et
 5 nous ne les éprouvons qu'en tant que nous avons de telles Idées (par la Propos.
 6 3, partie 3); en d'autres termes (voyez le Schol. de la Propos. 40, partie 2),
 7 notre âme ne pâtit qu'en tant qu'elle imagine, ou en tant qu'elle est affectée
 8 (voyez la Propos. 17, partie 2, avec son Schol.) d'une passion qui enveloppe la
 9 nature de notre corps et celle d'un corps extérieur. Ainsi donc la nature de
10 chacune de nos passions doit nécessairement être expliquée de telle façon
11 qu'elle exprime la nature de l'objet dont nous sommes affectés. Par exemple, la
12 joie qui provient de l'objet A doit exprimer la nature de ce même objet A; et la
13 joie qui provient de l'objet B, celle de ce même objet B; et conséquemment ces
14 deux sentiments de joie sont différents de leur nature, parce que les causes
15 dont ils proviennent ont une nature différente. De même, un sentiment de
16 tristesse qui provient d'un certain objet est différent, de sa nature, de la
17 tristesse qui provient d'une autre cause: il faut concevoir qu'il en est de même
18 pour l'amour, la haine, l'espérance, la crainte, la fluctuation, etc., d'où il
19 suit qu'il y a nécessairement autant d'espèces de joie, de tristesse, d'amour,
20 de haine, etc., qu'il y a d'espèces d'objets par lesquels nous sommes affectés.
21 Or, le désir étant l'essence ou la nature de chaque homme, en tant qu'il est
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23 déterminé par telle constitution donnée à agir de telle façon (voir le Schol. de
24 la Propos. 9, partie 3), il s'ensuit que chaque homme, suivant qu'il est affecté
25 par les causes extérieures de telle ou telle espèce de joie, de tristesse,
26 d'amour, de haine, etc. c'est-à-dire suivant que sa nature est constituée de
27 telle ou telle façon, éprouve nécessairement tel ou tel désir; et il est
28 nécessaire aussi qu'il y ait entre la nature d'un désir et celle d'un autre
29 désir autant de différence qu'entre les affections où chacun de ces désirs prend
30 son origine. Donc, autant il y a d'espaces de joies, de tristesse, d'amour,
31 etc.; et conséquemment (par ce qui vient d'être prouvé) autant il y a d'espèces
32 d'objets qui nous affectent, et autant il y a d'espaces de désir. C. Q. F. D.
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