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1 Cet état de l'âme, né de deux passions contraires, c'est ce qu'on nomme 2 fluctuation; elle est à la passion ce que le doute est à l'imagination (voyez le 3 Schol. de la Propos. 11, partie 2), et de la fluctuation au doute il n'y a de 4 différence que du plus au moins. Mais il faut remarquer ici que dans la 5 proposition précédente j'ai déduit ces fluctuations de deux causes, l'une qui 6 opère par elle-même, et l'autre par accident; or, si j'ai procédé de la sorte, 7 c'est seulement pour faciliter ma déduction; ce n'est point du tout que je 8 veuille nier que ces fluctuations n'aient pour la plupart leur origine dans un 9 objet qui est à la fois cause efficiente de deux affections contraires. Le corps 10 humain, en effet (par le Post. 1, partie 2), se compose de plusieurs individus 11 de nature diverse, et conséquemment (par l'Axiome 1, posé après le Lem. 3, qu'on 12 peut voir après la Propos. 13, partie 2) peut être affecté par un seul et même 13 corps étranger de plusieurs façons différentes; et d'un autre côté, comme une 14 seule et même chose peut être affectée d'un grand nombre de façons, elle pourra 15 donc affecter d'un grand nombre de façons différentes une seule et même partie 16 du corps. Par où il est aisé de concevoir qu'un seul et même objet puisse être 17 la cause d'un grand nombre d'affections contraires. 18 19