3ad6e.md (1096B)
1 Cette définition marque assez clairement l'essence de l'amour; celle des auteurs 2 qui ont donné cette autre définition: Aimer, c'est vouloir s'unir à l'objet 3 aimé, exprime une propriété de l'amour et non son essence; et comme ces auteurs 4 n'avaient pas assez approfondi l'essence de l'amour, ils n'ont pu avoir aucun 5 concept clair de ses propriétés, ce qui a rendu leur définition obscure, au 6 jugement de tout le monde. Mais il faut observer qu'en disant que c'est une 7 propriété de l'amant de vouloir s'unir à l'objet aimé, je n'entends pas par ce 8 vouloir un consentement de l'âme, une détermination délibérée, une libre 9 décision enfin (car tout cela est fantastique, comme je l'ai démontré Propos. 10 68, part. 2); je n'entends pas non plus le désir de s'unir à l'objet aimé quand 11 il est absent, ou de continuer à jouir de sa présence quand il est devant nous; 12 car l'amour peut se concevoir abstraction faite de ce désir. J'entends par ce 13 vouloir la paix intérieure de l'amant en présence de l'objet aimé, laquelle 14 ajoute à sa joie, ou du moins lui donne un aliment. 15 16