3ad4e.md (1413B)
1 Nous avons montré, dans le Schol. de la Propos. 18, partie 2, par quelle cause 2 l'âme va de la contemplation d'un certain objet à la pensée d'un autre objet, 3 savoir, parce que les images de ces objets sont ainsi enchaînés l'une à l'autre 4 et dans un tel ordre que celle-ci suit celle-là. Or cela ne peut arriver quand 5 l'âme considère une image qui lui est nouvelle. Elle doit donc y rester attachée 6 jusqu'à ce que d'autres causes la déterminent à de nouvelles pensées. On voit 7 par là que la représentation d'une chose qui nous est nouvelle est de la même 8 nature, quand on la considère en elle-même, que toutes les autres 9 représentations; et c'est pourquoi je ne compte pas l'admiration au nombre des 10 passions, ne voyant aucune raison de l'y comprendre, puisque cette concentration 11 de l'âme ne vient d'aucune cause positive, mais seulement de l'absence d'une 12 cause qui détermine l'imagination à passer d'un objet à un autre. Je ne 13 reconnais donc (comme j'en ai déjà averti au Schol. de la Propos. 11, partie 3) 14 que trois affections primitives ou principales, qui sont la joie, la tristesse 15 et le désir; et si j'ai parlé de l'admiration, c'est que l'usage a donné à 16 certaines passions qui dérivent des trois passions primitives des noms 17 particuliers quand elles ont rapport aux objets que nous admirons. C'est aussi 18 cette raison qui m'engage à joindre ici la définition du mépris. 19 20