3ad3e.md (1198B)
1 Je dis que la joie est un passage à la perfection. En effet, elle n'est pas la 2 perfection elle-même. Si l'homme, en effet, naissait avec cette perfection où il 3 passe par la joie, il ne ressentirait aucune joie à la posséder; et c'est ce qui 4 est plus clair encore pour l'affection opposée, la tristesse. Car personne ne 5 peut nier que la tristesse ne consiste dans le passage à une moindre perfection, 6 et non dans cette perfection elle-même, puisqu'il est visiblement impossible que 7 l'homme, de ce qu'il participe à une certaine perfection, en ressente de la 8 tristesse. Et nous ne pouvons pas dire que la tristesse consiste dans la 9 privation d'une perfection plus grande; car une privation, ce n'est rien. Or, la 10 passion de la tristesse étant une chose actuelle ne peut donc être que le 11 passage actuel à une moindre perfection, en d'autres termes, un acte par lequel 12 la puissance d'agir de l'homme est diminuée ou empêchée (voir le Schol. de la 13 Propos. 11, partie 3). Du reste, j'omets ici les définitions de l'hilarité, du 14 chatouillement, de la mélancolie et de la douleur, parce qu'elles se rapportent 15 principalement au corps et ne sont que des espèces de joie et de tristesse. 16 17