3ad1e.md (1970B)
1 Nous avons dit plus haut, dans le Scholie de la propos. 9, partie 3, que le 2 désir, c'est l'appétit avec conscience de lui-même, et que l'appétit, c'est 3 l'essence même de l'homme, en tant que déterminée aux actions qui servent à sa 4 conservation. Mais nous avons eu soin d'avertir dans ce même Scholie que nous ne 5 reconnaissions aucune différence entre l'appétit humain et le désir. Que 6 l'homme, en effet, ait ou non conscience de son appétit, cet appétit reste une 7 seule et même chose; et c'est pour cela que je n'ai pas voulu, craignant de 8 paraître tomber dans une tautologie, expliquer le désir par l'appétit; je me 9 suis appliqué, au contraire, à le définir de telle sorte que tous les efforts de 10 la nature humaine que nous appelons appétit, volonté, désir, mouvement spontané, 11 fussent compris ensemble dans une seule définition. J'aurais pu dire, en effet, 12 que le désir, c'est l'essence même de l'homme en tant qu'on la conçoit comme 13 déterminée à quelque action; mais de cette définition il ne résulterait pas (par 14 la Propos. 23, partie 2) que l'âme pût avoir conscience de son désir et de son 15 appétit. C'est pourquoi, afin d'envelopper dans ma définition la cause de cette 16 conscience que nous avons de nos désirs, il a été nécessaire (par la même 17 Propos.) d'ajouter: en tant qu'elle est déterminée par une de ses affections 18 quelconque, etc. En effet, par une affection de l'essence de l'homme, nous 19 entendons un état quelconque de cette même essence, soit inné, soit conçu par 20 son rapport au seul attribut de la pensée, ou par son rapport au seul attribut 21 de l'étendue, soit enfin rapporté à la fois à l'un et l'autre de ces attributs. 22 J'entendrai donc, par le mot désir, tous les efforts, mouvements, appétits, 23 volitions qui varient avec les divers états d'un même homme, et souvent sont si 24 opposés les uns aux autres que l'homme, tiré en mille sens divers, ne sait plus 25 quelle direction il doit suivre. 26 27