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1 On voit par là que deux attributs, quoiqu'ils soient conçus comme réellement 2 distincts, c'est-à-dire l'un sans le secours de l'autre, ne constituent pas 3 cependant deux êtres ou deux substances diverses. Il est en effet de la nature 4 de la substance que chacun de ses attributs se conçoive par soi ; et tous 5 cependant ont toujours été en elle, et l'un n'a pu être produit par l'autre ; 6 mais chacun exprime la réalité ou l'être de la substance. Il s'en faut beaucoup, 7 par conséquent, qu'il y ait de l'absurdité à rapporter plusieurs attributs à une 8 seule substance. N'est-ce pas, au contraire, la chose la plus claire du monde 9 que tout être se doit concevoir sous un attribut déterminé, et que, plus il a de 10 réalité ou d'être, plus il a d'attributs qui expriment la nécessité ou 11 l'éternité et l'infinité de sa nature ? Et, par conséquent, n'est-ce pas aussi 12 une chose très-claire que l'on doit définir l'être absolument infini (comme on 13 l'a fait dans la Déf. 6). Savoir: l'être à qui appartiennent une infinité 14 d'attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie ? Que si 15 quelqu'un demande quel sera donc le signe par lequel on pourra reconnaître la 16 diversité des substances, il n'a qu'à lire les propositions suivantes, 17 lesquelles établissent qu'il n'existe dans la nature des choses qu'une seule et 18 unique substance, et que cette substance est absolument infinie; et il verra de 19 cette façon que la recherche d'un tel signe est parfaitement inutile. 20 21