5p7d.md (1360B)
1 Nous ne considérons pas une chose comme absente par suite de l'affection qui 2 nous fait l'imaginer, mais parce que le Corps éprouve une autre affection 3 excluant l'existence de cette chose (*Prop. 17, p. II*). C'est pourquoi 4 l'affection se rapportant à la chose considérée comme absente n'est pas d'une 5 nature telle qu'elle l'emporte sur les autres actions et la puissance de l'homme 6 (*voir à leur sujet Prop. 6, p. IV*), mais, au contraire, d'une nature telle 7 qu'elle puisse être réduite en quelque manière par les affections excluant 8 l'existence de sa cause extérieure (*Prop. 9, p. IV*). Or une affection tirant son 9 origine de la Raison se rapporte nécessairement aux propriétés communes des 10 choses (*voir la défin. de la Raison dans le Scolie 2 de la Prop. 40, p. II*), que 11 nous considérons toujours comme présentes (il ne peut rien y avoir en effet qui 12 en exclue l'existence présente), et que nous imaginons toujours de la même 13 manière (*Prop. 38, p. II*). C'est pourquoi une telle affection demeure toujours 14 la même, et en conséquence les affections qui lui sont contraires et qui ne sont 15 point alimentées par leurs causes extérieures, devront (*Axiome 1*) de plus en 16 plus s'accommoder à elle jusqu'à ce qu'elles ne lui soient plus contraires; et 17 en cela une affection tirant son origine de la Raison est plus puissante. 18 C.Q.F.D. 19 20