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1 Comme nous l'avons dit, cette idée, qui exprime l'essence du Corps avec une 2 sorte d'éternité, est un certain mode du penser qui appartient à l'essence de 3 l'Âme et qui est éternel. Il est impossible cependant qu'il nous souvienne 4 d'avoir existé avant le Corps, puisqu'il ne peut y avoir dans le Corps aucun 5 vestige de cette existence et que l'éternité ne peut se définir par le temps ni 6 avoir aucune relation au temps. Nous sentons néanmoins et, nous savons par 7 expérience que nous sommes éternels. Car l'Âme ne sent pas moins ces choses 8 qu'elle conçoit par un acte de l'entendement que celles qu'elle a dans la 9 mémoire. Les yeux de l'Âme par lesquels elle voit et observe les choses sont les 10 démonstrations elles-mêmes. Bien que donc il ne nous souvienne pas d'avoir 11 existé avant le Corps, nous sentons cependant que notre Âme, en tant qu'elle 12 enveloppe l'essence du Corps avec une sorte d'éternité, est éternelle, et que 13 cette existence de l'Âme ne peut se définir par le temps ou s'expliquer par la 14 durée. L'Âme donc ne peut être dite durer, et son existence ne peut se définir 15 par un temps déterminé qu'en tant qu'elle enveloppe l'existence actuelle du 16 Corps et, dans cette mesure seulement, elle a la puissance de déterminer 17 temporellement l'existence des choses et de les concevoir dans la durée. 18 19