4p8d.md (1116B)
1 Nous appelons bon ou mauvais ce qui est utile ou nuisible à la conservation de 2 notre être (*Déf. 1 et 2*), c'est-à-dire (*Prop. 7, p. III*) ce qui accroît ou 3 diminue, seconde ou réduit notre puissance d'agir. En tant donc (*Déf. de la Joie 4 et de la Tristesse, Scolie de la Prop. 11, p. III*) que nous percevons qu'une 5 chose nous affecte de Joie ou de Tristesse, nous l'appelons bonne ou mauvaise; 6 et ainsi la connaissance du bon et du mauvais n'est rien d'autre que l'idée de 7 la Joie ou de la Tristesse, qui suit nécessairement (*Prop. 22, p. II*) de 8 l'affection même de la Joie ou de la Tristesse. Mais cette idée est unie à 9 l'affection de la même manière que l'Âme est unie au Corps (*Prop. 21, p. II*); 10 c'est-à-dire (*comme nous l'avons montré dans le Scolie de la même Prop.*) cette 11 idée ne se distingue, en réalité, de l'affection elle-même, ou (*Déf. gén. des 12 Affections*) de l'idée d'une affection du Corps, que par la conception que nous 13 en avons; donc cette connaissance du bon et du mauvais n'est rien d'autre que 14 l'affection même, en tant que nous en avons conscience. C.Q.F.D. 15 16