ethica

Spinozas ethics and various translations, edited for easy post processing.
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4p68sc.md (1444B)


 1 Que l'hypothèse de cette Proposition est fausse et ne peut se concevoir
 2 qu'autant qu'on considère la nature humaine seule, ou plutôt Dieu non en tant
 3 qu'il est infini mais en tant seulement qu'il est la cause pour quoi l'homme
 4 existe, cela est évident par la Proposition 4. C'est là, avec d'autres vérités
 5 par nous déjà démontrées, ce que Moïse paraît avoir voulu signifier dans cette
 6 histoire du premier homme. Il n'y conçoit en effet d'autre puissance de Dieu que
 7 celle qui lui sert à créer l'homme, c'est-à-dire une puissance pourvoyant
 8 uniquement à l'utilité de l'homme; et, suivant cette conception, il raconte que
 9 Dieu a interdit à l'homme libre de manger [le fruit] de l'arbre de la
10 connaissance du bien et du mal et que, sitôt qu'il en mangerait, il devait
11 craindre la mort plutôt que désirer vivre; puis qu'ayant trouvé la femme, qui
12 s'accordait pleinement avec sa nature, l'homme connut n'y avoir rien dans la
13 Nature qui pût lui être plus utile; mais qu'ayant cru les bêtes semblables à
14 lui, il a commencé tout aussitôt d'imiter leurs affections (*voir Prop. 27, p.
15 III*) et de perdre sa liberté; liberté recouvrée plus tard par les Patriarches
16 sous la conduite de l'Esprit du Christ, c'est-à-dire de l'idée de Dieu, de
17 laquelle seule dépend que l'homme soit libre et qu'il désire pour les autres
18 hommes le bien qu'il désire pour lui-même, comme nous l'avons démontré plus haut
19 (*Prop. 37*).
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