3p37d.md (1327B)
1 La Tristesse diminue ou réduit la puissance d'agir de l'homme (*Scolie de la 2 Prop. 11*), c'est-à-dire (*Prop. 7*) l'effort par lequel l'homme s'efforce de 3 persévérer dans son être; ainsi (*Prop. 5*) elle est contraire à cet effort; et 4 tout l'effort de l'homme affecté de Tristesse tend à écarter la Tristesse. Mais 5 (*par la Déf. de la Tristesse*) plus grande est la Tristesse, plus grande est la 6 partie de la puissance d'agir de l'homme à laquelle elle s'oppose 7 nécessairement; donc plus grande est la Tristesse, plus grande est la puissance 8 d'agir par laquelle l'homme s'efforce à son tour d'écarter la Tristesse; 9 c'est-à-dire (*Scolie de la Prop. 9*) plus grand est le Désir ou l'appétit par 10 lequel il s'efforcera d'écarter la Tristesse. Ensuite, puisque la Joie (*même 11 Scolie de la Prop. 11*) augmente ou seconde la puissance d'agir de l'homme, on 12 démontre aisément par la même voie qu'un homme affecté d'une Joie ne désire rien 13 d'autre que la conserver, et cela d'un Désir d'autant plus grand que la joie 14 sera plus grande. Enfin, puisque la Haine et l'Amour sont les affections mêmes 15 de la Tristesse ou de la Joie, il suit de la même manière que l'effort, 16 l'appétit, ou le Désir qui prend naissance d'une Haine ou d'un Amour, sera plus 17 grand à proportion de la Haine et de l'Amour. C.Q.F.D. 18 19