ethica

Spinozas ethics and various translations, edited for easy post processing.
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2p3sc.md (1789B)


 1 Le vulgaire entend par puissance de Dieu une volonté libre et un droit
 2 s'étendant à tout ce qui est, et pour cette raison toutes choses sont
 3 communément considérées comme contingentes. Dieu, dit-on en effet, a le pouvoir
 4 de tout détruire et tout anéantir. On compare, en outre, très souvent la
 5 puissance de Dieu à celle des Rois. Mais nous avons réfuté cela dans les
 6 *Corollaires 1 et 2 de la Proposition 32, partie 1*, et, dans la *Proposition
 7 16, partie I*, nous avons montré que Dieu agit par la même nécessité par
 8 laquelle il forme une idée de lui-même; c'est-à-dire, de même qu'il suit de la
 9 nécessité de la nature divine (comme tous l'admettent d'une commune voix) que
10 Dieu forme une idée de lui-même, il suit aussi avec la même nécessité que Dieu
11 produise une infinité d'actions en une infinité de modes. En outre, nous avons
12 montré, *Proposition 34 de la partie I*, que la puissance de Dieu n'est rien
13 d'autre que l'essence active de Dieu; il nous est donc aussi impossible de
14 concevoir Dieu comme n'agissant pas que comme n'étant pas. De plus, s'il me
15 plaisait de poursuivre, je pourrais aussi montrer ici que cette puissance que le
16 vulgaire attribue à Dieu par fiction, non seulement est celle d'un homme (ce qui
17 fait voir que le vulgaire conçoit Dieu comme un homme ou pareil à un homme),
18 mais enveloppe aussi l'impuissance. Je ne veux pas toutefois reprendre si
19 souvent le même discours. Je me contente de prier avec instance le lecteur
20 d'examiner à plusieurs reprises ce qui est dit dans la première partie sur ce
21 sujet depuis la Proposition 16 jusqu'à la fin. Nul en effet ne pourra percevoir
22 correctement ce que je veux dire, s'il ne prend garde à ne pas confondre la
23 puissance de Dieu avec la puissance humaine ou le droit des Rois.
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