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1 Par ce qui précède nous ne connaissons pas seulement que l'Âme humaine est unie 2 au Corps, mais aussi ce qu'il faut entendre par l'union de l'Âme et du Corps. 3 Personne cependant ne pourra se faire de cette union une idée adéquate, 4 c'est-à-dire distincte, s'il ne connaît auparavant la nature de notre Corps. Car 5 ce que nous avons montré jusqu'ici est tout à fait commun et se rapporte 6 également aux hommes et aux autres individus, lesquels sont tous animés, bien 7 qu'à des degrés divers. Car d'une chose quelconque de laquelle Dieu est cause, 8 une idée est nécessairement donnée en Dieu, de la même façon qu'est donnée 9 l'idée du Corps humain, et ainsi l'on doit dire nécessairement de l'idée d'une 10 chose quelconque ce que nous avons dit de l'idée du Corps humain. Nous ne 11 pouvons nier cependant que les idées diffèrent entre elles comme les objets 12 eux-mêmes, et que l'une l'emporte sur l'autre en excellence et contient plus de 13 réalité dans la mesure où l'objet de l'une emporte sur l'objet de l'autre et 14 contient plus de réalité; pour cette raison, pour déterminer en quoi l'Âme 15 humaine diffère des autres et l'emporte sur elles, il nous est nécessaire de 16 connaître la nature de son objet, tel que nous l'avons fait connaître, 17 c'est-à-dire du Corps humain. Je ne peux toutefois l'expliquer ici et cela n'est 18 pas nécessaire pour ce que je veux démontrer. Je dis cependant en général que, 19 plus un Corps est apte comparativement aux autres à agir et à pâtir de plusieurs 20 façons à la fois, plus l'âme de ce Corps est apte comparativement aux autres à 21 percevoir plusieurs choses à la fois; et, plus les actions d'un corps dépendent 22 de lui seul, et moins il y a d'autres corps qui concourent avec lui dans 23 l'action, plus l'âme de ce corps est apte à connaître distinctement. Par là nous 24 pouvons connaître la supériorité d'une âme sur les autres, nous pouvons voir 25 aussi la cause pour quoi nous n'avons de notre Corps qu'une connaissance tout à 26 fait confuse, et plusieurs autres choses que je déduirai ci-après de ce qui 27 précède. Pour ce motif j'ai cru qu'il valait la peine de l'expliquer et 28 démontrer plus soigneusement, et, pour cela, il est nécessaire de poser d'abord 29 quelques prémisses au sujet de la nature des corps. 30 31