1p10sc.md (1522B)
1 Par là il apparaît qu'encore bien que deux attributs soient conçus comme 2 réellement distincts, c'est-à-dire l'un sans le secours de l'autre, nous ne 3 pouvons en conclure cependant qu'ils constituent deux êtres, c'est-à-dire deux 4 substances différentes, car il est de la nature d'une substance que chacun de 5 ses attributs soit conçu par soi; puisque tous les attributs qu'elle possède ont 6 toujours été à la fois en elle et que l'un ne peut être produit par l'autre, 7 mais que chacun exprime la réalité ou l'être de la substance. Il s'en faut donc 8 de beaucoup qu'il y ait absurdité à rapporter plusieurs attributs à une même 9 substance; il n'est rien, au contraire, dans la nature de plus clair que ceci: 10 chaque être doit être conçu sous un certain attribut et, à proportion de la 11 réalité ou de l'être qu'il possède, il a un plus grand nombre d'attributs qui 12 expriment et une nécessité, autrement dit une éternité et une infinité; et 13 conséquemment aussi que ceci: un être absolument infini doit être nécessairement 14 défini (comme il est dit dans la *Définition 6*) un être qui est constitué par une 15 infinité d'attributs dont chacun exprime une certaine essence éternelle et 16 infinie. Si l'on demande maintenant à quel signe nous pourrons donc reconnaître 17 la diversité des substances, qu'on lise les Propositions suivantes: elles 18 montrent qu'il n'existe dans la nature qu'une substance unique et qu'elle est 19 absolument infinie, ce qui fait qu'on chercherait vainement un tel signe. 20 21